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Expo

'Chants of a Gargoyle' chez Waldburger Wouters

Colette Dubois

Praktische info

Chants of a Gargoyle jusqu’au 3 avril à Waldburger Wouters Galerie, Antwerpselaan, 49 Brussel. Ouvert Thursday - Friday, 2 - 6pm and Saturday noon - 6pm

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Lorsque nous imaginons le Moyen Age, il nous apparait à la fois comme une époque obscure et décadente et comme une période aventureuse. La mythologie qu’il a engendrée reste présente dans nos esprits : des guerres cruelles, des tournois de chevaliers, des ménestrels aux pieds des gentes dames, des villes, des châteaux et des cathédrales. C’était aussi un univers d’imaginaire et d’inventivité dans la poésie (François Villon, Geoffrey Chaucer ou Dante Alighieri) ou dans la peinture (Giotto, Lorenzetti ou les Primitifs flamands). C’est ce mélange qui continue à nous fasciner aujourd’hui.

Vue de l’exposition. Photographie (c) Isabelle Arthuis

Chants of a Gargoyle, l’exposition que la galerie Waldburger Wouters présente actuellement, s’articule autour de ces mythes et de cette créativité. Son titre évoque un chant d’un autre âge descendu du haut des murs d’une cathédrale pour se mêler aux bruits contemporains de la ville. De la même manière, les œuvres actuelles de l’exposition entrent en résonance avec des pièces historiques (en collaboration avec Seghers & Pang Fine Arts, Brussels) : une tête de grotesque en pierre du 13ème siècle, un fragment de plafond lombard du 16ème siècle représentant un lion, une sculpture en bois polychrome de l’Archange Michel ou encore trois soldats brandissant des étendards peints sur verre.

Certains artistes présents dans l’exposition s’approprient et transforment les sujets de l’imagerie traditionnelle du Moyen Age. Ainsi, les monumentaux rois du jeu de carte de Clément Jacques-Vossen portent d’imposantes armures et se dressent sur des échiquiers. Dans les tableaux de Delphine Hennely, des personnages aux vêtements médiévaux sont entourés d’os. Les peintures de Katharina Schilling, linéaires avec des aplats pastel, s’attachent à des détails – des pieds, des sabots – de scènes qui semblent sorties d’un Livre d’Heures.

Vue de l’exposition. Photographie (c) Isabelle Arthuis

Chez d’autres artistes, l’influence médiévale n’est pas un sujet, elle fermente l’œuvre et coexiste avec ses différents éléments. Ainsi les tableaux de Matthias Dornfeld – des profils de chevaux vêtus de robes multicolores et chaussés de talons aiguille – s’il évoquent les fêtes traditionnelles, contiennent surtout la liberté et l’intelligence de l’enfance. Un peu partout dans le monde, Jean-Baptiste Janisset récolte des traces des rites religieux. Il les assemble et fabrique ainsi les nouveaux objets d’un culte inconnu et atemporel. La pièce de Kasper Bosmans, un disque de bois peint coupé en quatre parts égales, déconstruit le langage du bouclier médiéval, tant dans la distribution des couleurs que dans la forme. Les tapisseries monumentales de ‘Les Monseigneurs’ s’inscrivent dans la tradition de la tapisserie de la fin du Moyen Age. Leurs cartons trouvent leur origine dans un herbier ou une collection de papillons, ces petits éléments deviennent le motif central et géant de l’œuvre. Les techniques complexes que l’artiste utilise ensuite pour réaliser ses tapisseries sont un subtil mélange de tradition et de numérique.